Indira de Paris : les turbans aussi canon que faciles à nouer

Nous sommes au XXIème siècle, et pourtant, deux choses semblent encore quasiment impossibles : se téléporter et savoir (vraiment) nouer un turban.

Je me souviens des heures passées à regarder tutos sur tutos, à reproduire les gestes – qui paraissaient pourtant si simples – pour finalement me retrouver la tête enroulée comme un œuf de Pâques… Joli.

Prête à laisser définitivement tomber pour le respect de la Mode, c’est à ce moment que j’ai découvert Indira de Paris et son concept génial. Indira de Paris, ce sont des « turbans pour les nulles », c’est-à-dire des modèles tellement faciles à nouer qu’il est impossible de rater. Les turbans s’enfilent comme des bonnets et s’attachent rapidement grâce à des systèmes ingénieux intégrés au tissu comme des scratchs, des armatures flexibles ou encore des élastiques. Ajoutez à cela des couleurs et des imprimés canon, et vous obtenez une coiffure effet Waouh en quelques minutes chrono.

Au-delà de l’aspect esthétique, les accessoires pour cheveux Indira de Paris m’ont aussi attirée pour la manière dont ils sont fabriqués, exclusivement en Ile-de-France et pour la volonté de la marque de toujours s’améliorer, notamment du point de vue innovation. Intriguée, j’ai rencontré sa pétillante créatrice, Katia Da Veiga, pour parler des origines d’Indira de Paris, de sa vision de la mode, et pour en savoir plus sur la fabrication.

Il était une fois Indira de Paris

Quand elle parle de sa marque, Katia semble insatiable, toujours à la recherche de nouvelles idées. Avant de créer Indira de Paris, elle ne tenait déjà pas en place : après une fac de psycho, elle a lancé une première marque d’accessoires de tête. Elle a aussi tenu un blog de mode, primé d’un Golden Blog Award en 2015, où elle décortiquait ses looks pour mieux encourager ses lectrices à oser des combinaisons, à faire de la mode un terrain de jeu.

Et puis Katia aimait aussi mettre des turbans pour pimper ses looks « A force de regarder des tutos sur Youtube pour apprendre moi-même à les attacher, je voyais à travers le nombre de vidéos et de vues que beaucoup de gens s’y intéressaient, me glisse-t-elle en souriant. Je me suis dit qu’il y avait énormément de personnes qui attendaient ce truc du turban facile à mettre ».

Voilà. Pendant que nous galérions à nouer des foulards dans nos cheveux, Katia n’a pas attendu plus longtemps pour lancer sa marque. Mais il lui fallait encore trouver la bonne idée… Deux ans de réflexion plus tard et de nombreux essais, elle trouve enfin. Elle attrape un bout de tissu en wax et bidouille un prototype cousu main. Loin d’être une as de la couture, elle a de la suite dans les idées et crée son premier prototype valable « il était vraiment horrible, mais quand je l’ai mis sur ma tête et que j’ai fait les gestes, ça tombait comme je voulais. D’ailleurs, je l’ai encore ! », me dit-elle amusée.

Son coup de génie, c’est d’avoir réussi à intégrer des systèmes d’attache permettant d’enfiler et de nouer un turban rapidement, mais surtout, avec un rendu authentique, comme si on l’avait attaché soi-même. Un concept unique et breveté qui rend ses turbans singuliers. A partir de ce moment, tout va très vite. Elle est contactée par Undiz pour coiffer avec ses turbans les mannequins de leurs 150 vitrines, elle se fait offrir un stand au Who’s Next qui a un vrai coup de cœur pour ses produits (un salon incontournable dans l’univers de la mode qui dicte les tendances à venir) et fait une collab avec Make My Lemonade.

Des turbans… et des bijoux

Si la marque ne faisait à l’origine que des turbans, elle a depuis lancé sa collection de bijoux, une idée soufflée par ses clientes « Pour nos shootings photos, on avait pris l’habitude d’accessoiriser les turbans avec de grosses boucles d’oreilles un peu rétro, précise Katia. Certaines clientes venaient régulièrement nous demander d’où venaient ces bijoux, mais comme nous n’avions pas beaucoup de budget, les accessoires venaient souvent de Mango ou Zara. J’avais un peu honte de le dire, parce que ces marques ne sont pas en cohérence avec mes valeurs et j’essaie moi-même de moins consommer ces enseignes. Donc, à force je me suis dit… on va les faire nous-même ! Grâce à mon ancienne marque de bijoux de tête, je connaissais déjà les fournisseurs, les doreurs et les soudeurs. Et surtout, j’adore ça ! » 

Une marque made in France

Très transparente sur sa marque, la créatrice en révèle tous les points, ceux dont elle est la plus fière et ceux qu’elle aimerait voir changer. Les bijoux sont soudés, assemblés et dorés en France. Quant aux accessoires pour cheveux, ils sont cousus main et fabriqués dans deux ateliers en Ile-de-France. Le tout est produit en petite quantité pour éviter les invendus. C’est du côté de la matière qu’elle souhaite peu à peu opérer des changements. Pour le moment, la marque utilise principalement des tissus synthétiques et du coton. « L’ambition, c’est d’utiliser de plus en plus de matières responsables. », me précise-t-elle. « Par contre, on achète tout sur place à Paris dans le Sentier. On se fournit au plus proche, mais il y a énormément de choses en polyester. Si on voulait acheter des matières plus responsables il faudrait que l’on commande des tissus provenant de beaucoup plus loin et nos commandes devraient être plus importantes. Pour le moment, on reste une petite marque et on ne peut pas se permettre de produire de grosses quantités… »

Cette volonté d’aller vers des solutions plus éco-responsables résonne avec son propre parcours et sa décision d’acheter de moins en moins de fast fashion : « ça fait trois ans que j’ai eu un déclic en quelques sorte, après avoir lu des articles et vu des reportages. A ce moment, je me suis dit « okay, je ne suis pas super riche, mais je peux consommer en fripes ». C’est la manière que j’ai trouvée à ce moment-là pour consommer éthique et contribuer à mon échelle. Je ne pouvais pas me permettre d’acheter certaines marques, mais la fripe a l’avantage de ne pas être chère et ce n’est pas de la fabrication. » Elle ajoute : « Il ne faut pas non plus oublier que chacun consomme aussi en fonction de ses moyens. Quand tu gagnes un Smic, tu ne vois pas forcément les choses sous le spectre de la mode éthique, tu regardes les prix qui sont compatibles avec ton porte-monnaie. » Parce qu’on a beau parler de « consommer moins, mais mieux », il ne faut pas oublier que cette cela reste tout simplement impossible pour beaucoup. Cela me rappelle d’ailleurs un article très intéressant du blog Un invincible été qui se questionne sur le fait que l’engagement écologique peut aussi être inégalitaire et qu’il ne faut pas le perdre de vue ni juger trop hâtivement.

La mode comme un terrain de jeu

Parce que la mode est loin d’être futile comme je l’expliquais un peu ici, j’ai demandé à Katia quelle en était sa vision : « Une identité n’est pas unique, elle est multiple, et la mode permet selon moi d’exprimer ses différentes facettes, de s’amuser avec qui l’ont est. Je m’informe des tendances parce que ça m’intéresse, mais pour moi ce n’est pas du tout l’essentiel. J’adore m’habiller en fripes où l’on peut trouver des vêtements qui ont 30 ans, qui sont finalement encore d’actualité et dans lesquels on se sent vraiment bien. C’est ça l’essentiel en fait pour moi, pas forcément d’avoir le dernier motif à la mode, qui ne le sera plus dans trois jours et qui se retrouvera au placard ».

Et pour se réinventer, inutile de changer complètement de tenue :  » Ce que j’aime particulièrement avec les accessoires, c’est qu’ils permettent de transformer sa garde-robe simplement avec de petites touches : en partant d’une tenue très casual, tu peux rajouter des maxi-boucles d’oreilles et un turban… et là, tu passes de l’autre côté de la force ! »

La mode permet aussi de se réapproprier son image. Parmi ses clientes, elle compte des femmes musulmanes qui veulent éviter d’être catégorisées : « elles sont déjà très stigmatisées et cherchent parfois des moyens de porter le voile autrement, en mettant en avant le côté mode. Certaines de mes clientes me disent qu’elles préfèrent porter un turban au travail par exemple. »

Katia me parle également avec beaucoup d’émotion des messages de remerciement envoyés par ses clientes en traitement contre le cancer « elles ne trouvent pas forcément de choses sympas dans les marques spécialisées. Je ne pense pas qu’une personne, sans être confrontée à une perte de cheveux irait vers ces modèles qui ne font pas vraiment envie… Quand ces femmes viennent, c’est souvent parce qu’elles veulent porter quelque chose qui est destiné à toutes et non réservé à un groupe de personne en particulier. Elles recherchent un accessoire avec lequel elles se sentiraient vraiment jolies, qui leur permettrait d’avoir des compliments, qu’on leur leur demande où elles l’ont acheté, y compris des personnes non malades. »

Pour la suite, Katia est déjà en train de réfléchir à une collection de vêtements, des basiques pour matcher avec ses turbans : « J’aimerais beaucoup, c’est l’un des projets de la marque et ça peut arriver très vite… », lâche-t-elle en rigolant. Une collection classique ? Pas son genre ! « J’aime quand même les choses innovantes, et j’aimerais y apporter ma petite touche… » Affaire à suivre !

Pour en savoir plus, c’est par ici :

Retrouvez les turbans Indira de Paris sur leur site internet

Découvrez le compte Instagram Indira de Paris

Découvrez la boutique parisienne au 96 bis Rue Beaubourg, 75003 Paris

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